Un budget pour « débloquer » le potentiel des ressources de la N.-É.
Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a déposé mardi un budget écrit à l’encre rouge pour accorder aux contribuables des réductions de taxes et d’impôts, et préparer le terrain pour un développement accru des ressources naturelles de la province. Avec des dépenses prévues de 17,6 milliards $ et des revenus de 16,5 milliards $, les progressistes-conservateurs de Tim Houston entrevoient un déficit budgétaire de 697,5 millions $ à la fin de l’exercice financier 2025-2026. Le gouvernement se dit également prêt à emprunter jusqu’à 200 millions $ en marge de son budget de fonctionnement annuel pour soutenir les Néo-Écossais en cas de guerre commerciale avec les États-Unis. D’emblée, le gouvernement Houston se prive de revenus d’un peu plus de 500 millions $ en réduisant les impôts d’environ 1000 $ par ménage en moyenne, et en réduisant la taxe de vente harmonisée (TVH) de 15 % à 14 %, comme il l’avait promis lors de la dernière campagne électorale. Il renonce également à des revenus d’environ 39 millions $ en abolissant le péage des ponts du havre d’Halifax à compter du 1er avril prochain, et à d’autres revenus de 19 millions $ en supprimant les frais de stationnement dans tous les établissements de santé de la province. En revanche, la Nouvelle-Écosse s’attend à recevoir davantage de transferts d’Ottawa. À eux seuls, les paiements de péréquation pourraient croître de 5,5 % par rapport à l'exercice financier en cours, pour atteindre 3,5 milliards $ en 2025-2026. C’est l’équivalent de 21 % des revenus de la province. Dans son budget intitulé Débloquer notre potentiel, le gouvernement Houston s’engage à faciliter l’exploitation des ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, notamment des Pour y arriver, le ministre des Finances, John Lohr, réitère l’intention de son gouvernement de lever des moratoires environnementaux de longue date. La Nouvelle-Écosse a une histoire minière vieille de 300 ans. Des communautés se sont développées autour des mines. Dans son discours mardi devant l’Assemblée législative, le grand argentier a repris presque mot pour mot certains passages du discours du Trône, présenté vendredi dernier à l’ouverture de la session législative. Il a accusé à son tour les partis d’opposition et des Photo aérienne de la mine d'uranium de McClean Lake, exploitée par la société française Areva(aujourd'hui Orano) dans le nord-ouest de la Saskatchewan, prise le 17 juillet 2007. Photo : afp via getty images / David Boily En marge du dépôt du budget, le ministre des Ressources naturelles, Tory Rushton, a déposé mardi un projet de loi visant à permettre l'exploration et l'exploitation minière de l'uranium et la fracturation hydraulique pour l'exploitation du gaz naturel, notamment. Toutefois, le gouvernement Houston prévoit peu d’investissements dans le développement du secteur minier au cours de la prochaine année. Son ébauche budgétaire 2025-2026 accorde une somme de 500 000 $ à la mise à jour d’une stratégie sur les minéraux critiques Les progressistes-conservateurs proposent aussi d’injecter 3 millions $ dans des travaux préparatoires au développement de l'énergie éolienne extracôtière. Le budget 2025-2026 de la Nouvelle-Écosse inclut un budget d’immobilisations qui prévoit des investissements records de 2,4 milliards $ dans la construction et la rénovation de logements sociaux, d’écoles et d’hôpitaux, notamment. Par ailleurs, les dépenses en soins de santé continuent de mobiliser la plus grande proportion du Trésor néo-écossais, soit 34 %. Les services aux aînés et les soins de longue durée représentent 8,3 % des fonds disponibles. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse entrevoit un retour à l’équilibre budgétaire au cours de l'exercice financier 2028-2029. D’ici là, la dette de la province pourrait croître de 22,4 milliards $ en 2025-2026 à un peu plus de 29 milliards $. Le ratio d’endettement de la province passerait alors de 34 % à près de 40 % du PIB. Le ministre John Lohr fait cependant remarquer que son prédécesseur Allan MacMaster a déjà déposé des budgets qui étaient déficitaires en début d'exercice financier et qui se sont soldés par un surplus. D'ailleurs, le déficit anticipé de 467,4 millions $ pour 2024-2025 se serait transformé en surplus de 82,4 millions $, selon les plus récentes prévisions du ministère des Finances à quelques semaines de la fin de l'exercice financier. Pour leur part, les partis d’opposition à l’Assemblée législative jugent que ce budget n’est pas à la hauteur de la menace de guerre commerciale qui plane sur le Canada et la Nouvelle-Écosse. La cheffe néo-démocrate de la Nouvelle-Écosse, Claudia Chender, en mêlée de presse à la suite du discours du Trône, le 14 février 2025, avec en arrière-plan le chef libéral par intérim, Derek Mombourquette. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Paul Poirier La cheffe de l’opposition officielle se dit aussi préoccupée par la levée des moratoires environnementaux, une question qui n’a jamais été abordée durant la récente campagne électorale, insiste-t-elle. Le chef libéral par intérim Derek Mombourquette s’inquiète quant à lui de la taille du déficit prévu. L’élu du Cap-Breton déplore également un manque de clarté concernant le plan d'intervention du gouvernement en cas de tarifs douaniers américains. De son côté, la Mining Association of Nova Scotia (MANS) se réjouit de la levée possible du moratoire de 1981 sur l’exploration et l’exploitation d’uranium. Selon son directeur général, Sean Kirby, cette décision signale à l’industrie minière mondiale L’économiste Pierre-Marcel Desjardins remet en question le moment choisi par le gouvernement Houston pour annoncer des baisses de taxes et d'impôts, alors que l’économie nord-américaine traverse une zone de turbulence. Selon lui, un programme d’infrastructures ciblé pourrait davantage profiter à long terme à l’économie de la province. Avec des renseignements d’Héloïse Rodriguez-QizilbashExploitation des
minéraux critiques
minéraux critiques
comme le cobalt, le cuivre et le lithium qui entrent dans la fabrication des véhicules électriques.L'interdiction pure et simple de certains secteurs d’activité décourage les investissements et, par conséquent, freine la croissance économique. Ces moratoires [...] sont des politiques paresseuses. [Ils] nous empêchent d'avoir des conversations importantes mais difficiles
, a déclaré John Lohr dans son énoncé budgétaire. Nous devons également avoir des conversations sur l'uranium et le gaz naturel. Cela signifie qu'il faut lever les moratoires et éviter des interdictions totales à l'avenir.
groupes d’intérêt
de freiner le développement économique de la province. C’est une erreur et un manque de vision
, a-t-il affirmé.
afin de saisir les [occasions] mondiales de développement des ressources critiques
.Réactions mitigées
Nous vivons un moment d'incertitude intense en raison de la menace de tarifs douaniers [des États-Unis]
, a réagi mardi la cheffe néo-démocrate Claudia Chender. Nous ne voyons pas de plan clair ou d'approche d'équipe dans le budget. Nous ne voyons rien qui réponde à cette incertitude.

À quoi vont servir ces 200 millions $
, s’est-il interrogé en mêlée de presse.que la Nouvelle-Écosse veut les emplois, les investissements et les occasions économiques créés par l'exploitation des mines et des carrières
.La Nouvelle-Écosse est déjà l’une des provinces les plus endettées par rapport à sa taille
, signale le professeur à l'École des hautes études publiques de l’Université de Moncton.
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